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Quand la révolte se dissout dans le rock… 17 juillet, 2006

Posté par thinkblog dans : Non classé , trackback

Image 41.png L’épisode zidanesque nous a montré à quel point le fait de ne pas suivre les régles est aujourd’hui valorisé. 63% de la population pardonne son geste à Zidane et certains en font même une victime. Une telle compréhension par rapport à un geste si violent prouve combien désobéir est tendance, du moins en apparence…

Dans nimporte quel autre contexte que celui d’un affrontement national, les Français auraient pris position pour la victime (en l’occurrence l’italien Materrazzi). Mais il n’en ai rien. Dans le foot, le rebelle est un personnage récurrent et aimé (Canto, Beckam, et maintenant Zizou), et avec ce coup de tête Zidane parachève sa légende en devenant à son tour un rebelle.

Mais le foot n’est qu’une des nombreuses facettes de ce phénomène. Le rebelle est tendance, et se propage grâce à son fidèle compagnon, le rock. Tout le monde semble se rebeller, la mode est au tout rock’n’roll : Kate Moss et sa liaison rocambolesque avec le non moins extravagant Pete Doherty, H&M qui vend des t-shirt a l’effigie des Stooges et des Ramones (dont on peut facilement imaginer que la moitié des acheteurs n’a aucun de leurs albums…). La très sage marque Morgan devient rock pour sa nouvelle campagne tandis que la toujours aussi rebelle Diesel imagine l’arrivée de rockers pur jus au paradis pour sa nouvelle collection shooté par le très underground Terry Richardson. Du cinéma à la littérature tout ce qui est estampillé rock semble électriser les consommateurs.

Sur les radios c’est l’euphorie, Oui FM, autrefois seule radio a revendiqué sa spécificité rock est aujourd’hui à la traîne et se singularise grâce aux « golds » qu’écoutaient nos parents (Rolling Stones, Velvet Underground, The Kinks ou Janis Joplin) et propose l’Odyssée du rock son programme fétiche de 11H à 13h tout l’été. Europe 2 passe The Strokes et The Rakes, et les Arctic Monkeys tandis que Le Mouv’ cultive son esprit rock (leitmotiv de la station depuis sa création) à la française, The Naast, Hush Puppies…

Autrefois interdit, en période de conservatisme aigue aux US, il était dès sa naissance la manifestation d’une rebellion assumée… Aujourd’hui il n’est plus que la manifestation d’une rebellion consommée. Tandis que le rock explose, la rebellion dont il est le plus fidèle ami, elle, est moribonde. La situation actuelle est si préoccupante et génératrice de crainte (un récent sondage montrait que 84% des Français n’avait pas confiance en l’économie de marché contre seulement 32 % des chinois) que la rebellion est le pendant logique de ce peureux lissage de la société.

Car on ne vit cette rebellion que dans le paraître, l’être, lui, reste soumis aux ordres du politiquement correcte. On s’achète des bracelets de force pour oublier que nos parent avait la force de soulever des pavés, on se pare d’attributs rebelles pour montrer à quel point le système nous a soumis. Le noir, couleur Rock par excellence est devenue la couleur du deuil de la rebellion. Cette explosion de la rock’n’roll attitude correspond à une envie de défoulement inavouable dont Zidane s’est fait l’écho indirect.

La radicalisation n’est plus que dans l’image. On applaudit la violence, on la banalise (happy slapping, Choc le magazine…) mais on ne la produit plus. Les événements en banlieue ou la révolte autour du CPE ont été des pics, le malaise lui est toujours là. L’envie de tout faire voler en éclat ne se dillue pas dans le temps, mais dans la consommation.

Les marques l’ont bien compris et s’abreuvent directement à cette source de non conformisme pour habiller de manière uniforme des millions de personnes. Car cette esthétique rock’n’roll globalisée sonne le glas de la contestation. Le consensus dans lequel nous sommes plongés aujourd’hui étouffe les volontés individuelles de changer les choses. La société les déguise en rebelle pour mieux leur faire oublier qu’elles ne doivent surtout pas l’être. Le fait de paraître extérieurement dangereux (« Je suis rock et rebelle, j’ai des percing et un tatouage ») et de finalement être safe (« vive la stabilité !, le mariage et mon livret A») est né d’une confrontation des sociotypes majoritaires aujourd’hui: le bobo et le rebel. Pour ne pas être totalement l’un, on devient l’autre. Résultat on se pare des attributs de Pete Doherty (Dior Homme) et de Kate Moss (Longchamps notamment) en enrichissant des multinationales.

Cette « rebel attitude market » n’est que la fusion logique des 2 extrèmes culturels dans lesquels nous nous noyons actuellement, les années 70 et les années 80, avec leurs figures de proue diamétralement opposés le hippie et le punk…

Choisis ton camps camarade !

Commentaires»

  1. Très bon article cher ami… Je me permets toutefois quelques réserves:

    1)Un rebel ca fait rêver ! Et oui, la subversion est adulée des foules, il n’y a qu’a voir le culte que voue les anglais pour Georges Best, Paul Gasgoigne et Canto… si ce sont de grands joueurs aucun n’atteindra la postérité… mais ils ont / avait du caractère !
    Je ne pense pas qu’être rebel soit une tendance… au contraire, j’ai plutôt l’impression que les masses rêvent de se fondre dans le collectif plutôt que de se poster en alternative… Le CPE est pour moi plutôt représentatif de cette tendance : Je veux un boulot, une maison…comme tout le monde…

    2)La fonction cathartique du Rebel. Les rebels ont quand même de beaux jours devant eux mais plutôt dans l’admiration que dans l’inspiration. Il reste quelques allumés, les stones en tête et Pete Doherty… mais la masse des groupes de rock est quand même bien plus calme qu’il y a 20 ans… Un exemple, les frères Gallagers (Oasis) ont été déjeuné avec Tony Blair ! Je vois mal les Sex Pistols ou les Clash aller prendre le thé avec Maggy au 10 Downing street !
    Alors oui les gens prennent je pense ces spectacles (sport, musiques, TV…) comme exutoire et veulent voir des gens « hors normes » et être rassure en quelque sorte…

    3)Quant aux marques, elles font leur boulot ! Elle montre l’image que les personnes voudraient avoir d’elle-même… c’est tellement plus simple d’avoir un bracelet de force et de rentrer dormir chez papa maman que de vivre comme un réel marginal !

    Voila et tout cas félicitation pour ton blog et bonne continuation !

  2. tu vas bien Greg?
    pourquoi, alors que tout le monde ici a l air de te connaitre,
    ne se soucie de ton bien etre??

  3. True Rockers are a cultural minority ! Fight For and shut up !
    Rock and Roll Army
    DCC. General from RnR Troops H-Q

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